jeudi 19 octobre 2006

Last day in Ventiane


Je déambule dans les rues de Ventiane, me renseigne pour les Bus a destination de Lhuang Prabang, rentre dans un magasin…
- Un bus pour Lhuang ?
- Yes. A VIP Bus – 9h00 - 16 dollars
- Ok, and a local bus ?
- no, there s no local bus for Luang…
- ok... Thank U – ils se foutent de ma gueule – Pop Kan Mai (genre a bientôt)

Je passe a coté d’une école, il est 10h00 du mat. Entièrement construite en bois ; elle dispense des cours à l’oral. Tous sont en uniforme et répètent la leçon, peut être écrite au tableau, leçon qui s’entend de la rue . soudain, la maitresse s’arrête et crie un truc du genre « Bardyguine, arrête de mater ta voisine » ou encore « FINES, tu veux mon doigt ? » Gros silence et puis la classe reprend, ils se mettent à chanter… je me barre avant qu’ils ne me repèrent, je ne voudrais pas la cause d’une punition.
Je reprends ma route, le long du Mekong est une concentration de touristes , ceux qui payent leur Pizza 30 000 Kip. Il y a des chaises avec des dossiers, des menus et des traductions en anglais. Fuyons
Je continue de marcher et soudain, entre deux maisons, - je suis dans un quartier d’habitation – une gargote dans un renfoncement avec que des Thaï. Ça sent super bon, je descends les deux marches et lance un Son Baï Dii. Tout le monde ,me répond Son Baï Dii – c’est cool, je suis bilingue en bonjour laotien. Bien sur, personne ne parle anglais, bien sûr, il n’y a pas de carte. Qu’importe, grâce au langage du « je te montre ce que qui me tente », je me retrouve avec une grosse assiette de nouilles jaunes avec du porcs, le tout baignant dans une délicieuse sauce marron, sucrée, que je terminerai à la cuiller. Au Laos, la deuxième monnaie du pays c’est le Bat, la première le dollar et la troisième, le Kip, l’officielle. Je donne 100 Bat, on me rend 10 000 Kip, j’ai donc dépensé 15 000 Kip soit 1,2 € (merci Alex), avec la 65 deBeerlao s’il vous plait. Je suis assis à une table au centre de la gargote, et très vite, on m’oublie. Les conversations reprennent, les laotiens sont des gens joyeux, de grands éclats de rires toutes les 2 minutes ponctuent leurs conversations. La patronne s’attable à droite avant de concocter un plat, le serveur a faim ? il va se faire du riz sauté. L’animation est permanente, l’immersion est totale, je vois même arriver la patronne de ma guesthouse avec sa fille qui hallucine de me voir là. Le restau se vide peu à peu, finalement, je prends mon baluchon, passe par ma guesthouse pour me faire confirmer qu’il y a bien des « local bus » fo Luang, pour 6 dollars. Tout est ok…
Vérifications faites, je repars donc dans la jungle urbaine de Ventiane. Il y a des travaux partout, tous les 10 mètres, un tuk tuk me fait signe. Il vaut mieux leur dire non franchement parce que ton sourire, malgré ton geste de refus les incite à insister.
Je continue de marcher, marcher, tombe sur l’ambassade de Frnce qui abrite une expo sur Henri Michaux, j’en profite pour me cultiver un peu. Je rejoins Th Lan Xang et tombe sur Patuxai, un énorme arc de triomphe (oui, oui) érigé dans les années 60, continué avec le ciment que les américains avaient donné au Laos pour construire l’aéroport. Mais depuis 45 ans, ils n’ont toujours pas réussi à le finir ;-)


C’est un étrange monument, particulièrement imposant, gris brut, couleur ciment, dont l’intérieur est richement décoré mais pas l’extérieur. Un espace vert comme dirait notre pute de Paris permet de le contempler à partir d bancs sur lesquels le nom de l’hôtel donateur (du banc) est inscrit en lettre capitale rouge. La circulation qui entoure la place est plus que dense. Tuk tuk, taxi, motos, trucks russes et autres engins à moteur participent au brouhaha urbain. Je continue mon chemin, passe devant le – accroche toit – « comité des relations extérieures du comité central du parti » (si, si, véridique) écrit en français en lettres dorées. Je croise des Laotiens qui jouent aux dames avec des capsules de Pepsi en guise de pion et finalement, j’arrive à Pha Tat Luang, le temple dont je te parlais. Double symbole de la religion bouddhiste et de la souveraineté laotienne, la légende dit qu’il fut érigé au 3ème siècle de notre ère (enfin, les chrétiens) et qu’il abrite un bout du sternum de Buddha . en tout cas, le monument est très impressionnant et pour plus d’explications, t’as qu’a taper Pha Tat Luang sur Google et Google Image. Je continue de marcher et sors de la carte du Lonely Planet , rentre dans la « banlieue » de Ventiane. Pas un farang a l’horizon, je m’enfonce dans un marché tellement couvert qu’il n’y a presque plus de lumière. L’hétéroclisme des objets est stupéfiant. Je fais sourire tout le monde avec mon petit air gêné, genre, ne vous dérangez pas pour moi. Si t’y vas, fais gaffe aux fils électriques à hauteur de visage, aux trous dans le sol, aux planches pourries sur lesquelles tu marches. Franchement Kheir, Ali Baba peut aller se rhabiller, cette caverne là n’a pas de fin.

2h00 plus tard, à force de me balader à droite à gauche (private joke pour Andrea), je finis par retrouver le chemin du centre ville. 6h00 de marche mon ami.
Une douche et quelques foulées plus tard, me voici à Sala Khounta, une simple plate-forme de bambou surplombant le Mekong au milieu d’orchidées, de nasses à poissons et de vanneries. Une fine et longue pirogue passe à nos pieds. Une trentaine de rameurs crient chacun leur tour des « Hué » au même rythme qu’ils rament.

Bref, à part les moustiques porteurs de palu, les scorpions noirs et jaunes qui dorment dans tes godasses, à part l’hostile faune d’insectes et d’animaux, welcome in Paradise. En tout cas, passe me voir quand tu veux… ;-)